ANNABELLE FOUQUET

Photographe / Auteure de documentaires

Les voix des femmes sámi

SÁPMELAŠ

ANNA, 48 ans,

Guovdageaidnu/Kautokeino (Norvège).

"Quand j’allais à l’école, les quatre premières années, je portais encore la robe sámi, tous les jours. Ensuite on s’est mis à porter des vêtements qu’on trouvait dans les magasins car ils étaient beaucoup moins difficiles à laver, moins chers et plus confortables.

On était séparés en trois classes : j’allais dans le classe des enfants d’éleveurs de rennes. La seconde classe était celle des enfants sámi qui n’avaient pas de rennes, les sédentaires. La troisième classe était celle des norvégiens.

J’avais sept ans et j’y suis restée jusqu’à l’âge de quinze ans. On apprenait les choses habituelles et il n’y avait pas autant de cours sámi que maintenant. Notre professeur était norvégienne. Elle parlait norvégien, mais elle savait parler sámi. Ce n’était pas interdit de parler sámi, mais on n’avait que deux ou trois heures de cours en sámi par semaine, pendant lesquelles on apprenait à lire et à écrire en sámi. En revanche, on n’avait pas de cours de culture sámi, c’était complètement norvégien. Pourtant, je garde de bons souvenirs de ces années-là.

Les dernières années où j’y suis allée, l’école ne donnait pas la priorité aux enfants des familles d’éleveurs de rennes. Leur politique était la suivante : ça ne valait pas la peine de trop enseigner à ces enfants. Aux examens de fin d’année, l’école a décidé d’ajouter des épreuves d’anglais, donc on a eu des heures d’anglais, juste pour préparer les épreuves. Le professeur de ce cours d’anglais avait des heures de formation pour nous mais s’était dit « Je les donnerai aux deux autres classes, ça ne sert à rien de les donner à la classes des éleveurs de rennes, ils ne vont pas continuer leurs études après les examens de fin d’année ».

On nous traitait différemment des autres classes : ils avaient les meilleurs professeurs les trois dernières années d’école. Du coup même les enfants se mettaient à penser qu’ils valaient mieux que nous. Je ne le remarquais pas à l’époque, ça me revient à l’esprit maintenant. Avant d’aller à l’école, je vivais avec ma famille dans une petite maison , avec l’électricité mais sans l’eau courante ni les toilettes. Mon père était éleveur de rennes et ma mère s’occupait de nous. Elle ne pouvait donc pas suivre le troupeau comme elle le faisait avant, à cause de ses enfants. Elle pensait que c’était mieux pour nous de nous faire passer en premier, autrement, elle nous aurait mis en internat. Mais elle ne le voulait pas ça pour nous...

Ma grande sœur, qui a sept ans de plus que moi, y est allée en internat, mais pas moi. J’ai eu de la chance de ne pas y aller car beaucoup d’enfants qui y sont allés ont eu des problèmes plus tard dans leur vie. Ils ont perdu l’essentiel de leur identité du fait qu’ils étaient loin de leur famille. Ils n’avaient plus de vie quotidienne avec leur famille. Ils ont beaucoup perdu de leur culture. Ma soeur ne restait à l’internat qu’un ou deux mois, pas toute l’année, mais certains enfants y restaient toute l’année.

Mon père n’était pas toute l’année avec le troupeau, bien sûr.

Ils travaillaient sans l’aide des machines, quand mes frères aînés étaient encore jeunes. L’été, ils partaient tous en transhumance à pied, très loin dans la montagne, avec leurs gros sacs qui contenait toute la nourriture dont ils auraient besoin. On ne partait pas avec aux tous les étés. Plus tard, les rennes étaient plus près des maisons et en septembre on partait parfois avec eux. On était une grande famille. Ma mère faisait de l’artisanat pour la famille et les touristes tout au long de l’année. Elle travaillait l’été à différents endroits sur la côte norvégienne en vendant des souvenirs aux touristes.

Elle vivait alors dans une tente, la laavu. On restait avec elle l’été. Le reste de l’année, on vivait dans notre maison, à quelques kiolomètres de la ville. On suivait le car de ramassage qui venait nous prendre tous les jours pour nous emmener à l’école et nous ramener le soir.

Tout le monde participait au travail dans la vie de tous les jours. On avait tous un travail à faire : on ramassait beaucoup de choses dans la nature, on cueillait des baies…J’ai eu la chance de vivre l’époque où ma mère et mon père ne travaillaient pas beaucoup en dehors de la maison. Ma mère travaillait chez nous, et nous a donc transmis naturellement la culture. J’ai appris à tout savoir coudre avec elle. Elle ne nous apprenait pas vraiment, on apprenait dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, c’est moins fréquent, car les mères sont occupées et travaillent souvent ailleurs, comme moi, dans des bureaux…Ce n’est plus aussi naturel pour les enfants de faire les activités sami qu’on apprenait avant. Ils doivent apprendre par eux-mêmes quand ils sont plus grands, alors que nous, on apprenait les mêmes choses quand on était petits.

Après l’école, j’ai travaillé comme serveuse et femme de ménage dans un motel dans les montagne.

Je suis ensuite allée au lycée. Je revenais à la maison tous les week-ends en car. Ensuite j’ai retravaillé quelques années au motel. À cette époque, ça commençait être courant d’aller au lycée et suivre des études. Avant, ils ne voulaient pas. Ça dépendait des familles. Dans ma famille, ils ne nous mettaient la pression pour aller à l’école. Ça a été mon choix. Toutes les familles ne pensaient pas que c’était important d’étudier.

Pour mes soeurs aînées, c’était une époque différente que la mienne. Quand elles étaient jeunes, c’était encore difficile pour les jeunes filles de faire des études. La culture a commencé à changer très vite, en s’adaptant à la culture norvégienne.

À cette époque, j’étais au lycée. Ça a été très positif pour la communauté. Ici, il y a maintenant une université sami. À l’époque, il n’y avait rien ici, il fallait partir loin pour étudier et trouver un emploi. À mon âge, on a commençé à étudier et à avoir des emplois. Nous, les femmes, nous sommes devenues indépendantes.

Je ne veux pas dire que les femmes plus âgées ne l’étaient pas, mais ce que je veux dire c’est qu’on est indépendantes financièrement. Ma mère a vendu des objets sami toute sa vie. Quand elle était jeune, elle travaillait déjà : elle aidait les autres familles d’éleveurs de rennes. Elle travaillait aussi dans la famille de mon père. Mais tout ça sans gagner d’argent. Son salaire, c’était des rennes, des vêtements, de la nourriture…

Quand j’ai été plus vieille et que j’ai fini le lycée, j’ai travaillé dans un motel. J’avais choisi un emploi saisonnier parce que je voulais suivre davantage les rennes toute l’année. J’ai fait ce travail plusieurs années. A vingt-cinq ans j’ai commencé à travailler dans un bureau d’artisanat à temps plein, toute l’année. C’était très dur et l’élevage me manquait énormément.

Kautokeino est un des endroits en Norvège et en Finlande où les femmes ont un haut niveau d’éducation. C’est aussi une question de fierté de faire des études supérieures et d’avoir un bon travail. Les femmes ont deux emplois, en dehors de la maison et quand elles reviennent chez elles, lorsqu’elles s’occupent des enfants parce que les hommes ne sont pas toujours présents, ils sont avec les rennes. Beaucoup d’entre elles doivent encore fabriquer les vêtements même en travaillant à l’extérieur. Elles doivent également suivre le travail avec les rennes et transmettre la culture aux enfants, la façon de vivre.

Les femmes sami sont très fortes, elles dirigent vraiment la maison. Elles ne se contentent pas d’aider les hommes, au contraire : ce sont les hommes qui les aident. Elles gèrent tout, la maison, la famille, le budget…

Ma mère était une femme libre. Elle voyageait beaucoup toute seule, sans mon père. Il ne lui disait pas « ne fais pas ci, n’achète pas ça »…Elle était indépendante et gagnait sa vie.

Les femmes décident si elles veulent se marier. Ce n’est pas une obligation. On est libres. Ce n’était peut-être pas comme ça autrefois. On est plus indépendantes financièrement maintenant. Les hommes sont même plus pauvres que nous s’ils ne sont pas mariés aujourd’hui. A l’époque de ma sœur, les femmes avaient d’autres idées sur ce qu’elles devaient faire, ce qui était important. Ce qui était important, c’était l’artisanat, la connaissance de l’élevage, le mariage avec une bonne famille d’éleveur. Maintenant, les femmes sont plus libres de faire ce qu’elles veulent. Mais c’est encore différent selon les familles.

Les femmes sont fortes, mais elles sont aussi plus stressées à cause de leurs nombreuses activités : en dehors de la maison, et à la maison la plupart du temps, la prise en charge de la famille, de la culture, l’éducation, et les activités liées à l’élevage, et les travaux d’artisanat des femmes.

Elles ne suivent pas d’études simplement pour survivre : elles veulent étudier. Quand je suis allée au lycée, ce n’était pas fréquent d’étudier, même à cette époque. Mais lentement, ça a commencé à être plus important pour les gens. Ils ont commencé à comprendre que c’était important. À l’heure actuelle, il n’y a plus tant de femmes que ça qui font de l’artisanat, parce que le monde est plus incité à aller étudier.

Les jeunes filles ont même besoin d’aide pour faire leurs propres vêtements. Ça ne les intéresse pas beaucoup non plus d’apprendre. Maintenant les jeunes filles qui font leur confirmation ne s’habillent même plus elles-mêmes comme on le faisait à mon âge. Pour les gens, avant, c’était important, c’était leur fierté. Mais c’est devenu démodé de penser que l’identité des femmes sami est liée à l’artisanat.

Pour les jeunes aujourd’hui, ce n’est pas très important. Ce qui est important, ce sont les études. Les plus jeunes partent d’ici, ils vont dans les plus grandes villes.

La plupart des jeunes préfèrent faire autre chose qu’écouter les vieux. Ils ont beaucoup d’autres centres d’intérêt.

Maintenant, à mon âge, je sens que c’est important de parler avec les anciens. Ils en savent beaucoup plus que nous sur le passé, des choses qui ont disparu aujourd’hui.

Le changement le plus important entre la génération de ma sœur et la mienne, c’est les études. Quand j’étais à l’école, on se souciait davantage de la langue sámi qu’à l’époque de ma soeur aînée. Ce n’était pas interdit à son époque mais ils n’apprenaient pas autant la langue sami, l’écriture et la lecture comme je l’ai fait. Je n’avais pas non plus tant de cours de sámi que ça jusqu’au lycée et l’université.

Quand les gens ont commencé à suivre des études, ils ont été influencés par l’école et la vie loin de chez eux. C’était une bonne chose, car autrement, comment aurions-nous pu survivre dans le monde moderne, sans instruction ? On serait encore en train de vivre comme avant ? C’est impossible.

Je sais que la culture change aujourd’hui. Sans changement, elle ne peut pas survivre avec ce qui se passe dans le monde. On ne peut pas choisir de ne garder que les morceaux anciens de la culture, car on ne vit plus de la même façon.

C’est comme pour le joik, le chant traditionnel : je ne pense pas qu’il aurait survécu si on n’avait pas commencé à l’utiliser pour créer une nouvelle musique. Les vêtements sámi ont beaucoup changé, tout particulièrement la robe traditionnelle. Parce que ça a été vivant ici. Les gens les ont utilisés quotidiennement c’est pourquoi ça a beaucoup changé Bien sûr, c’est important de respecter les traditions. Mais je n’ai pas peur que ma culture disparaisse car elle me suivra de toute manière. J’ai été élevée dans une famille sami, je les ai aidés, je connais la culture, je peux la faire, pour moi, c’est normal.

La chrétienneté est très importante, mais ça n’est pas radical. Mes parents n’étaient pas si strictes. J’ai été baptisée. Je n’ai rien entendu de l’ancienne religion. Elle a disparu il y a des centaines d’années. On ne sait plus rien d’elle.

Avant, les sámi donnaient des noms d’après les parents, les grands-parents, les arrières grands-parents, les tantes, les oncles, s’ils avaient beaucoup d’enfants. Ça change maintenant : tu donnes le nom que tu veux.

Pour ma génération, l’identité sami est naturelle, je n’ai pas besoin de me battre pour elle. Beaucoup de gens instruits de mon âge travaillent dans la politique et se battent pour nos droits. Ça n’intéresse plus beaucoup les jeunes : ils sont moins actifs parce qu’ils ont plus de droits comme sami que ce qu’on avait. Ils n’ont pas besoin de se battre comme nous à l’époque, pour avoir le sami à l’école et suivre des études supérieures… Il reste encore beaucoup à gagner pourtant.

Beaucoup de choses auraient pu être meilleures mais généralement on a une bonne vie ici. Il faut quand même que les jeunes continuent à se battre pour ce qu’on a obtenu, la langue sami, l’élevage…

Je voudrais que les sami aient plus de pouvoir pour influencer leur vie, leurs droits. Ici, on n’a pas l’impression de faire partie d’une minorité. On vit bien mais si on va ailleurs, où il n’y a que des norvégiens, on voit la différence.

Je me sens aussi norvégienne même si je vois que je suis différente. La langue seule peut apporter une grande différence. Ici, c’est à la fois le Sapmi, la terre des Sami et la Norvège.

Quand je suis au travail, je parle sami tous les jours. J’écris en norvégien mais la plupart du temps, je sens qu’ici, je suis en pays sami, même si je parle aussi norvégien tous les jours dans mon travail.

D’une certaine façon, ç’aurait été très intéressant de vivre à l’époque de mes parents et de mes grands-parents. La culture était différente alors. Maintenant, elle est plus proche de la culture norvégienne qu’autrefois. Mais je suis consciente que c’était dur. Je me souviens que ma grand-mère et ma mère avaient l’habitude de dire : « c’est plus facile maintenant ». La vie d’avant était très dure. Je pense que ma mère aurait dit que le changement n’est pas une bonne chose. Les aînés veulent conserver ce qui était important pour eux lorsqu’ils ont grandi, malgré le fait qu’ils disent que c’est beaucoup plus facile maintenant, et que la vie était plus dure avant.

J’ai pensé à mon avenir : il fallait que je trouve un emploi et que j’étudie. Après mes études, je voulais suivre le troupeau davantage, apprendre plus, fabriquer plus de vêtements samis. C’est ce que j’ai fait.

J’ai travaillé pendant sept ans dans un bureau d’artisanat avant de commencer à l’université,. C’était très intéressant. On organisait des expositions à différents endroits. J’ai rejoint les Jeux Olympiques d’Hiver de 1994. J’y ai travaillé, je montrais les techniques de l’artisanat.

C’était un travail à temps plein. Si ça avait été un autre travail, ça m’aurait beaucoup ennuyée. Mais c’était lié à la culture donc c’était très intéressant. Je suis ensuite allée à Tromso, une plus grande ville dans le nord de la Norvège, en Espagne et en Grande-Bretagne, puis, j’ai travaillé six mois comme guide touristique en Egypte.

Quand je suis revenue, au début, c’était bizarre, car j’avais beaucoup changé, j’étais beaucoup influencée par la vie à l’étranger. Ça m’a demandé un certain temps pour me réadapter.

Je sentais que j’étais différente au début, quand je suis revenue, très influencée par ma vie à l’étranger.

Je me suis sentie différente au début. J’avais d’autres valeurs, d’autres centres d’intérêt… Il n’y avait pas tant de gens que ça qui partaient à l’étranger. Dans cette ville, beaucoup de gens de mon âge ont fait des études et sont partis à l’étranger, mais dans les familles d’éleveurs, ce n’était pas si fréquent que ça.

J’ai ensuite eu un emploi dans l’administration, j’aidais les gens au chômage, sami ou non sami, parce qu’il n’y a pas que des sami dans la commune.

Aujourd’hui, l’état norvégien a réuni toutes les administrations donc je travaille aussi avec la santé et la famille.

Les aînés sami ont des problèmes quand ils appellent les services publics : ils ne parlent pas bien le norvégien. Et peu de personnes peuvent leur répondre en sami. Il n’y a pas de ligne spéciale pour eux. Les autres parlent anglais quand ils répondent au téléphone, donc on a beaucoup de travail.

Pour ceux qui continuent de travailler dans l’élevage de renne, comme mes frères, ils ont leurs familles qui viennent les retrouver le week-end, dans les cabanes aux pâturages d’hiver des rennes.

Ils ont leur famille avec eux tous les week-ends, certaines familles viennent aussi toute la période de Pâques. L’été, quand on marque les petits rennes, les familles sont ensemble, avec les enfants.

Pour moi, tous les changements ne sont pas positifs. Avant, ce qui comptait, c’était l’ensemble de la famille. Maintenant, il y a juste la mère, le père et les enfants. Elle devient de plus en plus petite. On n’est pas aussi proches qu’avant. Les gens deviennent plus distants les uns avec les autres. Ils quittent la grande famille. Avant, les samis donnaient des noms d’après les parents, les grands-parents, les arrières grands-parents, les tantes, les oncles, s’ils avaient beaucoup d’enfants. Ça change maintenant, on donne de plus en plus les noms qu’on veut.

Certaines familles d’éleveurs qui n’ont plus ce style de vie traditionnel, qui ont vendu leurs rennes, ont des problèmes avec leur identité, surtout les jeunes. Ils perdent la culture de l’élevage. Les parents ont vendu les rennes et ne vivent plus cette vie. Pour eux, il y a d’autres attentes auxquelles ils ne peuvent pas vraiment répondre. Ils peuvent avoir des problèmes, quand ils ont eu une culture et que soudain ils la perdent. Les parents peuvent aussi avoir des problèmes après. Ils ont le sentiment d’avoir tout perdu, les collègues au travail… la façon de vivre, pas seulement le travail, toute la culture qui va avec. Souvent même les gens qui adorent la vie d’éleveurs doivent travailler ailleurs pour gagner leur vie. Ils ont besoin de ce revenu supplémentaire extérieur. Beaucoup de jeunes ont des emplois saisonniers pour gagner plus, comme beaucoup de fermiers en Norvège.

Les sámi qui n’ont plus de rennes ont le sentiment qu’ils ne font pas partie de cette vie. C’est mauvais pour eux, d’être privés de cette vie tout à coup. Ils ont accompagné les troupeaux toute leur vie et soudain ils perdent cette vie.

Beaucoup choisissent d’arrêter cette vie mais beaucoup d’autres y sont obligés.

Ce qui est mauvais, c’est que les gens qui aiment la vie d’éleveurs doivent arrêter ou travailler ailleurs pour gagner leur vie. Ils ont besoin de ce revenu supplémentaire extérieur. Beaucoup de jeunes ont des emplois saisonniers pour gagner plus, comme beaucoup de fermiers en Norvège."