ANNABELLE FOUQUET

Photographe / Auteure de documentaires

Les voix des femmes sámi

SÁPMELAŠ

ELLE- MÁKREDA GAUP-JUUSO, 22 ans,

Karesuando (Finlande).

"Quand ma mère était jeune, il fallait qu’elle s’occupe de ses sœurs et de ses frères parce qu’elle était l’aînée. Elle n’a pas pu faire d’études, ni avoir d’autres activités. Elle n’en a pas eu le choix à l’époque.

Son travail, c’était d’aider sa mère à s’occuper de la famille et de faire de l’artisanat pour les touristes.

Je n’aurais pas aimé vivre à son époque : les femmes n’étaient pas respectées comme aujourd’hui. Elles devaient rester à la maison et faire de l’artisanat tous les jours, toutes seules, s’occuper des enfants et faire le ménage…

Je n’en suis pas certaine, mais il me semble que la situation des femmes est meilleure qu’il y a vingt ans.

Aujourd’hui, la situation des femmes s’est améliorée car elles peuvent aussi étudier la langue sámi et apprendre l’artisanat à l’école.

Pourtant, rien n’est parfait dans notre vie moderne, beaucoup de choses nous manquent. Mais je suis quand même assez satisfaite de mon époque.

Je suis étudiante dans une école de tourisme à Kittila. Je veux protéger le tourisme sámi. Je veux le faire à mon idée, par moi-même, et décider de ce que je veux montrer aux gens. Je veux aussi travailler avec les rennes à l’avenir, car c’est important pour moi. Je ne suis pas douée en artisanat, si je me compare à ma mère. Je peux en faire un peu mais je suis moins douée qu’elle.

Je me sens sámi, c’est ma langue maternelle. Je suis fière d’être sámi et de le parler. Je possède la culture sámi, je travaille avec les rennes… même si je vis en Finlande.

Je pense que ma mère voudrait qu’on aille plus à l’église, et qu’on soit bons les uns envers les autres. Ces principes sont celles que ma grand-mère a enseigné à ma mère."