ANNABELLE FOUQUET

Photographe / Auteure de documentaires

Les voix des femmes sámi

SÁPMELAŠ

KARIN UTSI, 62 ans,

Porjus (Suède).

"Je suis née en 1948 à Porjus. J’étais la quatrième enfant d’une famille de neufs enfants. Quand je suis née, nous habitions à l’emplacement de l’aérodrome actuel. Il y avait d’autres petites maisons, avec électricité mais sans eau courante ni toilettes d’intérieur. Au début, il y avait des lits pour tout le monde , mais comme on était de plus en plus d’enfants, on a fini par ne plus en avoir assez. Alors ma mère a dû faire des matelas avec du poil de rennes, qu’on mettait sur le sol pour les enfants les plus âgés.

L’hiver on restait dans ces petites maisons, mais au printemps, avec toute la famille, on suivait les troupeaux de rennes. On partait avec des traineaux tirés par des rennes domestiqués en direction des montagnes vers l’ouest.

Mon père travaillait avec les rennes, il n’était pas souvent à la maison, dépendamment des saisons. Il travaillait dans la communauté d’éleveur de renne, un peu comme chef. Il gagnait un peu d’argent avec ça. Il vendait quelques rennes à l’abattoir, et il pêchait durant l’été et vendait les poissons.

Ma mère travaillait le duodji, l’artisanat sámi, pour toute la famille, mais ça n’était pas très traditionnel.

Ma mère n’a pas suivi la transhumance avec les rennes pendant au moins quatre années, car beaucoup de mes frères et sœurs étaient nés en mai, au début du printemps, elle devait rester au village. Mon père revenait plus tard la chercher avec les enfants, après la fonte des neiges, à l’aide d’un bâteau. Les enfants restaient avec elle jusqu’à l’arrivée de mon père. Ça prenait plus d’une semaine pour aller jusqu’aux pâturages de printemps des rennes. J’ai un souvenir très précis des transhumances: je devais avoir trois ans, je me souviens de m’être réveillée, dans un petit village sámi le long de la route de la migration. J’étais toute serrée sur le traîneau, pour ne pas tomber, à cause de la vitesse.

J’ai suivi le troupeau pour la dernière fois à l’âge de six ans. Ça a commencé à changer quand j’ai du aller à l’école à Jokkmokk. C’était une école spéciale pour les enfants dont les parents étaient des sámi nomades. À l’âge de sept ans, tous les enfants allaient à l’école et y vivaient.

Le trajet n’était pas très long entre Porjus, le village où ma famille restait l’hiver et l’école, mais on n’avait le droit de revenir à la maison que deux fois avant Noël. L’école commençait en Septembre, nous rentrions à la maison trois jours en Octobre, une semaine en Novembre, en enfin à Noël. Je trouve que c’était vraiment cruel car l’école était vraiment proche de chez nous, et qu’on était si jeunes... Mais c’était comme ça pour tous les enfants sámi à l’époque. On s’y rendait en bus.

Les enseignants nous parlaient en Suédois, même si on ne comprenait pas cette langue, mais on l’apprenait.On apprenait le Suédois. On ne nous parlait pas sámi, ça n’était donc vraiment encouragé de le pratiquer, mais il n’y avait aucune loi contre non plus. Si on parlait sámi, les professeurs nous corrigeaient en suédois. Les cours était normaux, à part un cours sur la culture sámi.

C’était une bonne école, mais après les cours, les professeurs n’étaient plus là. Avec les autres enfants, on essayait de jouer pour faire passer le temps. La maison me manquait. Heureusement, j’avais des frères et sœurs avec moi à l’école et je ne me sentais pas seule.

Les weekends, on portait la robe traditionnelle sámi, la gákti, et tous les dimanches on allait à l’église, c’était la règle. On avait une éducation scolaire très religieuse mais on n’en était pas conscient, parce que c’était la tradition, c’était naturel. On commençait chaque matin en chantant des psaumes. On priait souvent à l’école, mais pas du tout à la maison, sauf quelquefois avec ma grand-mère.

Je pense que mes parents avaient inconsciemment une manière d’intéragir avec le religieux similaire à la manière employé par les sámi dans avant l’arrivée de la chrétieneté. On était reconnaissant de ce qu’on avait, mais on ne priait pas et on ne demandait rien. On n’avait pas grand-chose, donc on était heureux du peu qu’on avait. On était toujours reconnaissant de ce qu’on possédait, car tout était rare et précieux.

Mes parents étaient Laestadianistes (mouvement religieux conservateur luthérien): on ne jurait pas, on ne buvait pas, on ne jouait pas aux cartes, et nous, les enfants, on ne pouvait pas aller danser, ni aller au cinéma en ville. Ils étaient chrétiens, mais ne pratiquaient pas la religion au quotidien dans les maisons : pas de prières ni de psaumes, seulement la moralité. Les sámi étaient assez pudiques et timides, les femmes n’avaient pas le droit de montrer leurs jambes, ni aucune autre partie de leur corps, même en été, ni de se couper les cheveux ou d’enlever les chapeau en public. C’était leur façon d’être. De ce point de vue-là, la société suédoise était beaucoup plus libre que la société Sami, même à cette époque.

Mes parents ont été aussi élevés de façon très religieuse, donc ils ne parlaient jamais de l’ancienne religion. Personne ne yoikait dans la montagne, sauf les hommes saouls. C’était interdit par l’église chrétienne.

Je me demande qui avait toutes les informations que l’on peut entendre aujourd’hui sur les anciennes croyances sámi. Il y a dû avoir des gens qui se souvenaient, mais je ne les ai jamais entendu.

Il y avait peut-être une chose qui nous restait de l’ancienne religion, c’était la superstition : les gens étaient très superstitieux. Dans la mesure où ça n’était pas considéré comme des croyances religieuses, elles étaient tolérées par l’église laestadianiste.

Ces supersitions servaient par exemple à élever les enfants, on leur apprenait ainsi à se comporter dans certaines situations.Dans le goahti, l’habitat traditionnel, les enfants ne doivent pas jouer avec le feu pour éviter que tout prenne feu. On leur dit : « Si tu joues avec le feu, les jeunes rennes deviendront aveugles ». Si on veut leur apprendre à nettoyer à la maison, on leur dit : « Si tu ne balaies pas le sol de ta maison, ton amoureux partira » ou encore, « Si tu regarde chez les autres par la fenêtre, quelqu’un mourra dans cette maison ». On leur fait aussi peur de l’eau pour ne pas qu’ils s’en approchent, avec Càhceràuka, le stallo (démon) de l’eau et de la mer. On les effraie aussi avec le stallo qui vit sous les rochers, sous terre. Lorsque l’on mangeait de la viande, nous devions enmener les os dans la forêt et les placer sous un arbre, si nous faisions ça, nous pouvions être sûrs d’avoir beaucoup de rennes.

Fin mai, c’était les vacances d’été : on partait directement de l’école pour les territoires de printemps, à Vaisa, en avion. On était heureux quand venait le moment de partir. En ville à Jokkmokk, en mai, les feuilles sont presque vertes, l’été est proche, mais quand j’arrivais dans les montagnes, le lac était gelé, c’était encore l’hiver...

On était heureux de ne pas aller à l’école en été, mais le plus drôle, c’est que la première semaine, on jouait à l’école! On avait nos livres et toutes nos affaires d’école… Ensuite, on commençait à faire des jeux d’extérieur : on jouait à la marchande, avec des vieilles conserves laissées par les touristes et on utilisait des cailloux comme monnaie. Les garçons jouaient au football.

Moi, je passais mon temps à sculpter le bois avec mon couteau. J’avais toujours un couteau dans les mains. Je trouvais ça drôle. Mes deux grands frères étaient mes idoles, mes modèles, je m’habillais comme eux, j’étais un vrai petit gars.

C’était seulement les garçons et pas les filles qui allaient dans les montagnes s’occuper des rennes. Ils montaient à pied dans la montagne, ils n’utilisaient pas de motos ni d’hélicoptères à cette époque. C’était long à pied et notre père ne pourrait porter la nourriture pour tout le monde. Mon père emmenait les garçons avec lui parce qu’ils l’aidaient bien et qu’ils étaient plus âgés. Je restais donc avec ma mère, mes soeurs d’autres femmes et enfants à Vaisa.

Quand j’ai été plus grande, j’ai pris l’habitude de coudre : On fabriquait des petites chaussures sámi avec la peau des rennes et des lacets en laine qu’on vendait aux touristes. Les adultes ne voulaient pas vendre eux-mêmes, donc ils envoyaient les enfants. Ils nous disaient : « Allez vendre ! » Il y avait beaucoup de touristes à l’époque : des allemands, des anglais, des français, des autrichiens… Je me souviens des autrichiens avec leur chapeau tyroliens... Les touristes logeaient des goahti spéciales, qu’ils louaient comme dans un camping, proche de là où nous restions. Un peu plus haut que nous. Mais aujourd’hui, le niveau de l’eau a monté à cause du barrage, donc on reste en fait à l’ancien emplacement du camping.

Je me souviens lorsque j’étais enfant, j’étais habituée à dire « Quand je serais grande, je veux être touriste ! ». C’était les seuls non-sámi que l’on voyait de tout l’été.

Quand j’ai eu dix ans, mon père a acheté une motoneige, le premier modèle de l’époque. Ils ont arrêté d’utiliser les traîneaux tirés par les rennes. La famille ne pouvait plus suivre la motoneige en skis. La migration s’est mise à ressembler à ce à quoi elle ressemble aujourd’hui.

Quand je suis née, la route entre les villages de Porjus, Jokkmokk et Gällivare existait déjà, avec la gare. La route qui monte dans les montagnes de Stora Sjöfallet a été construite plus tard, dans les années 60, en même temps que le barrage hydro-électrique. Elle a ensuite été prolongée encore plus loin jusqu’à Ritsem.

Quand j’ai eu douze ans, mon père a acheté une voiture. Mais il a suivi des cours de conduite à soixante ans et a passé son permis quatre fois !

Vers 12 ans, j’ai commencé à avoir des cours de sámi à l’école. Mais la langue écrite n’était pas très développée à cette époque, donc on ne l’écrivait pas beaucoup. On la lisait un peu en classe, mais dès la fin du cours, on se remettait à parler suédois avec le professeur. Après des mois d’école suédoise, les premiers jours de retour à la maison, on avait vraiment du mal à reparler le sámi. Pour mes parents, c’était important qu’on étudie et qu’on parle le sámi.

Mes parents étaient très gentils : on les adorait et pour nous, c’était les meilleurs parents du village. Ils s’occupaient bien de nous, on avait toujours à manger, des vêtements corrects et propres. On ne manquait jamais de rien.

Ma mère m’a appris la Patience et le duodji, l’artisanat sámi. Même si c’était son artisanat était très créatif et pas vraiment traditionnel, elle m’a enseigné ce que je devais savoir. Je passais beaucoup de temps avec ma grand-mère parce qu’il y avait toujours beaucoup de monde à la maison : les frères et sœurs et des visiteurs. Elle était veuve. C’était toujours calme chez elle. Elle était gentille, calme et humble. C’était une femme spéciale.

Mon premier emploi, je l’ai eu à dix-sept ans, quand on est allées travailler avec ma sœur comme infirmières dans un hôpital à Stockholm. Ça a été une bonne époque, mais au bout de quatre mois, au printemps, on a démissionné pour retourner près des troupeaux, et on a trouvé un emploi de cuisinières près de nos territoires d’été, à la construction du barrage.

En vingt-cinq ans, je n’ai jamais travaillé au même endroit. Ma plus longue période de travail, je l’ai faite comme professeur dans une maternelle suédoise et sámi. J’ai aussi travaillé pour les personnes âgées.

Au début des années soixante-dix, j’ai travaillé dans un restaurant de Stora sjöfallet, une station touristique dans les montagnes, où j’ai rencontré mon mari, un suédois qui y travaillait aussi.

Dans mon village sámi, on avait tous des liens de famille, donc je ne pouvais y trouver un mari : il aurait fallu que j’aille dans d’autres communautés sámi mais à l’époque on ne voyageait pas comme maintenant. On connaissait que très peu les communautés sámi proches, et on n’avait pas le droit de s’y marier, à cause des conflits possibles concernant les rennes. Donc, je ne pouvais ni épouser un sámi de Ritsem, ni de Jokkmokk, on avait une culture différente. Nos parents auraient refusé, selon eux, il valait mieux épouser un suédois.

Les sámi n’avaient pas une haute estime d’eux-mêmes à l’époque. Ils prenaient les suédois pour modèles. C’était la façon de réussir. « Pour réussir, deviens suédois ». Les aînés étaient très impressionnés par les suédois, car ils ne connaissaient que l’élevage de rennes et le duodji, l’artisanat traditionnel, et beaucoup de mots pour décrire la neige, mais les suédois, eux, étaient éduqués et avaient le savoir, ils gagnaient de l’argent, ce qui leur permettait d’entretenir leur famille. C’était eux, et pas les sámi, qui avaient le pouvoir dans la société. Déjà dès l’école, ils essayaient de devenir comme les suédois.

J’ai donc épousé un suédois, comme mes frères et sœurs. Ma mère était très impressionnée, elle adorait tous ses beaux-fils. Mon mari a tout appris sur les rennes, l’élevage, les marques sur les oreilles… Il sait tout sur les rennes et ça impressionnait beaucoup mes parents. La première fois que je l’ai ramené à la maison, je ne savais pas trop comment ils allaient réagir, s’ils allaient l’accepter. Il a donc attendu dans la voiture, et ma mère est allée le chercher et l’a accueilli chaleureusement. Au départ, j’étais prudente mais ensuite j’ai eu leur accord...

J’ai souhaité élever mes enfants comme des suédois, car je ne voulais qu’ils soient partagés entre deux cultures, entre deux identité. Je leur ai donc parlé suédois. J’avais peur qu’ils se sentent différents des autres enfants suédois si je leur disais qu’ils étaient sámi. Mais inconsciemment, je leur ai quand même transmis la culture sámi.

Par mon éducation, je n’ai jamais ressenti de fierté à être sámi, je ne sais pas ce que ça veut dire. Aujourd’hui, le suis double, je suis partagée : je suis une sámi et une citoyenne suédoise. Je pense qu’on attend des gens qu’ils agissent différemment selon les situations. Si je mange avec les collègues de mon mari, je me comporterai comme une vraie suédoise. Dans d’autres situations, je me sens plus libre d’être moi-même, c’est-à-dire sámi. Si j’avais le choix, je ne serais que sámi. Parfois, quand les suédois apprennent d’où je viens, ils commencent à me poser des tas de questions, je deviens le centre des conversations, et je finis par me sentir gênée. Je ne tiens pas à ce qu’on me remarque. Si j’avais le choix, je ne serais que sámi.

Je suis heureuse de mes origines, je sens la différence entre les sentiments que les gens m’incitaient à ressentir quand j’étais jeune quand ils me disaient : “Il n’y a pas d’avenir pour les sámi”. C’est beaucoup mieux pour la génération actuelle : ils sont forts et fiers d’être ce qu’ils sont. C’est fantastique que ma fille fasse ce qu’elle a choisi de faire, le duodji, et elle est douée. Je ne regrette pas du tout qu’elle soit différente de ce que j’imaginais. Je suis agréablement surprise d’avoir des enfants sámi alors que j’ai essayé de les élever en vrais suédois. Si j’en avais eu l’occasion, j’aurais peut-être fait des choix différents dans la vie. Ça m’intéresse de voir comment la vie de de ma fille évolue car elle prend une voix que je n’ai pas prise mais que j’aurais pu emprunter.

Ça ne m’aurait pas gênée de vivre à l’époque de ma mère : on était tout simplement sámi, et pas autre chose. Aujourd’hui, même quand on est sámi, on doit aussi être suédois. On est toujours à cheval entre les deux identités.

À l’époque de ma mère, le travail était vraiment dur, surtout quand, comme elle, on n’avait pas de grands frères. Il a fallu qu’elle s’occupe des rennes jusqu’à son mariage, parce que son père est mort quand elle avait treize ans. Mais globalement, je pense que la vie était meilleure et plus facile que maintenant, malgré le travail très dur. À cette époque, les mères restaient plus longtemps avec les enfants car elles n’avaient pas besoin d’aller travailler, donc les enfants n’allaient pas au jardin d’enfant Moi, j’ai essayé de rester aussi longtemps que possible à la maison avec mes enfants, je n’ai pas eu d’autre travail et je n’ai pas fait carrière.

Aujourd’hui, on veut tout. On veut évoluer personnellement, même quand on a des enfants. La plupart des femmes veulent avoir à la fois une carrière et des enfants. Dans la société suédoise, quand l’exigence est trop grande dans ces deux domaines, on divorce. Il ne leur reste plus assez d’énergie pour le reste, pour se préoccuper des relations avec les autres.

Ce qu’il faudrait trouver, c’est un homme qui pense que les travaux que vous faites à la maison sont valables, qui soit généreux et partage son argent avec vous. Nos maris suédois sont ainsi : ils nous ont laissé la liberté de faire notre choix.

Si j’avais épousé un sámi, un éleveur de rennes, il aurait fallu que je travaille beaucoup plus en dehors de la maison pour rapporter de l’argent. Je ne me serais pas senti bonne mère. Je suis heureuse de la façon dont j’ai élevé mes enfants. Je peux mourir tranquille.

Mes enfants passent avant ma carrière. Mais je n’attends pas ce choix de tout le monde. Ça n’est pas donné à tout le monde de pouvoir faire cela.

Autrefois, à l’époque de ma mère, les jeunes femmes participaient au travail d’élevage des rennes, mais une fois mariées, et avec des enfants, elles arrêtaient. Les filles de ma génération n’ont jamais travaillé dans l’élevage des rennes, sauf quand il n’y avait pas de garçons dans la famille.

Je ne pense que ce soit une bonne chose que les femmes sámi ne s’intéressent qu’à l’élevage des rennes aujourd’hui. Quand les filles se lancent dans le travail des rennes, elles délaissent leurs autres activités traditionnelles, plus personne ne prend en charge les activités traditionnelles comme de s’occuper des enfants, être à leur écoute, leur faire des vêtements ou à manger. Ce sont les enfants qui sont peut-être les plus perdants dans cette situation. Pour moi, ce sont les enfants qui comptent le plus, que ce soit l’homme ou la femme qui reste à la maison pour s’occuper d’eux. Ça ne doit pas être nécessairement la femme, d’ailleurs, mais celui ou celle qui a de l’énergie et de la patience. C‘est mieux que de les laisser au jardin d’enfants pendant des journées entières.

Mes parents travaillaient beaucoup ensemble et s’aidaient mutuellement : quand ma mère préparait la peau de renne, mon père participait à ce dur travail, il l’aidait. À la maison, autrefois, hommes et femmes avaient les mêmes valeurs. Le travail, c’était le travail.

Mais en société à l’époque, on n’entendait que les voix des hommes sámi. On n’entendait pas les femmes : elles ne donnaient pas leur avis. Aujourd’hui, les femmes ont généralement plus d’occasions d’être actives en politique.

Dans la société d’autrefois, les activités des femmes comme le duodji n’étaient pas du tout reconnues. Ça s’améliore à l’heure actuelle, mais je dois admettre que certains travaux de duodji étaient tout de même plus estimés dans le passé : comme les chaussures par exemple. On respectait celles qui savaient faire les chaussures."