ANNABELLE FOUQUET

Photographe / Auteure de documentaires

Les Sámi

SÁPMELAŠ

Le Sápmi, est le nom donné par le peuple autochtone sámi à son territoire traditionnel.

Il s’étend au nord des régions septentrionales de la Finlande, la Norvège, la Suède et la Russie. En Suède, Norvège et Finlande, le Sápmi représente environ 1/3 de la surface totale du pays.

Les sámi sont estimés entre 70 000 et 100 000 individus répartis sur l’ensemble du Sápmi (50 000 À 65 000 en Norvège, 20 000 en Suède, 8 000 en finlande et 2 000 en Russie.)

Traditionnellement semi-nomades, environ 10% du peuple sámi fait partie de communautés d’éleveurs de rennes, ce qui leur alloue le droit d’user de la terre et de l’eau pour l’élevage, la chasse ou la pêche, en vertu de droits imméroriaux, sans pour autant posséder le territoire. Le territoire sápmi est en effet officiellement possédé par les quatres états qui l’ont colonisé. La possibilité pour les éleveurs de traverser les frontières avec leurs rennes résulte du traité « Lapp* Codicil » signé en 1751.

Depuis cette première reconnaissance, les sámi ont subi de nombreux aléas résultant des guerres inter-étatiques, modifiant sans cesse le contour des frontières européennes : de nombreux exils forcés de familles sámi ont été mis en place à la fin du XXème siècle, par certains gouvernements. Par delà ces déplacements multiples imposés, les sámi de Norvège, Suède et Finlande sont parvenus à instaurer au sein de chaque état leurs propres parlements sámi, dans le but de faire valoir leurs droits autochtones.

La Suède, la Norvège et la Finlande ont signé en Septembre 2007 la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, affirmant que les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination interne et qu'en vertu de ce droit ils déterminent librement leur statut politique, recherchent librement leur développement économique, social et culture. Elle stipule aussi que les peuples autochtones ne peuvent être expulsés de leur terre, qu’ils ont droit aux ressources naturelles situées sur leur terre. La Russie s’est abstenue.

Le territoire sápmi, fragmenté par les velléité de pouvoir des États, parvient difficilement à se libérer du diktat européen, lui-même gouverné par le système monétaire occidental. Face à cela, persiste pourtant un mode de vie, bel et bien vivant et en mutation quotidienne, partagé par un peuple et soutenu par la volonté et la fierté de chacun des individus, et des femmes, passeuses de savoir.

(*« Lapp » fut la première appellation utilisé par les européens pour désigner le peuple sámi. « Lapon » dérive de cette appellation).

(* le terme « tundra » provient du dialecte sámi de la pénisule de Kola, en Russie).

Sources : Johan Strömgren.